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Sommaire :


1/ le shintoïsme

Le shintoïsme ou shintō (神道, shintō, littéralement « la voie des dieux » ou « la voie du divin ») est un ensemble de croyances immémoriales que l'on peut assimiler à une religion. Peut-être concomitante avec l'arrivée des premiers hommes dans l'archipel, les indigènes japonais ont toujours adoré les kamis (神) que l'on peut associer à une divinité ou un esprit. Pour ces hommes, les kamis pouvaient tout aussi bien représenter les divinités, les grands personnages, les esprits de la nature ou encore les esprits de certains ancêtres. Il existe plus de 8 millions d'esprits dans le culte shintō.

La religion shintō n'ayant aucun fondateur, aucune doctrine commune et pas de texte religieux, le « Kojiki » (古事記, « Chronique des faits anciens ») écrit en 712, et le « Nihon Shoki » (日本書紀, « Chroniques du Japon ») datant de 720, constituent les touts premiers récits des mythes japonais et influencent grandement l'élaboration d'une unification du shintō.


Quelques kamis parmi les plus importants du panthéon japonais :

Izanami Izanagi
Le premier homme (« Izanami ») et la première femme (« Izanagi »).
amaterasu
« Amaterasu », la déesse du soleil.
hachiman
« Hachiman », le dieu de la guerre.
susanoo
« Susanoo », le dieu des mers et de la tempête.
inari
« Inari », le dieu du riz (peut aussi être représenté par une femme ou un renard).
saruta hiko
« Saruta-hiko », le dieu de la terre.
uzume
« Uzume », la déesse de la gaieté.
ryujin
« Ryūjin », le dieu dragon de la mer et des éclairs (poursuivant Tamatora).
raiden fujin
« Raiden » (雷電), dieu du tonnerre (à gauche), et « Fujin » (風神), dieu du vent (à droite).

Au 19ème siècle, pendant l'ère Meiji, le shintō devient la religion d'État après la refonte de la constitution de 1868. Au début du 20ème siècle et à des fins aussi de propagande servant le régime de plus en plus militarisé, l'empereur Shōwa - descendant de la déesse du soleil - fut l'objet d'un véritable culte. En conséquence, les dirigeants entamèrent également une répression contre le bouddhisme. Cette persécution est mal perçu par la population japonaise qui a établit un syncrétisme harmonieux entre les deux religions. Les dirigeants de l'ère Meiji ne s'acharneront donc pas dans cet ostracisme.

empereur showa
L'Empereur Shōwa (Sa majesté « Hiro-Hito ») en tenue de chef de culte du shintoïsme d'État.

2/ le bouddhisme

Le bouddhisme arrive dans l'archipel au milieu du 6ème siècle et est adoptée par le Yamato en 587. Le bouddhisme est une religion ou une philosophie originaire d'Inde et qui a été transmise aux Japonais par l'intermédiaire des Chinois et des Coréens. Cette religion suit les préceptes de Siddhartha Gautama (« l'éveillé »), considéré comme le Bouddha historique.

bouddha
Statue de Bouddha debout, Musée national de Tōkyō.

Tout comme le shintoïsme, le respect de la nature est primordial dans le bouddhisme. Le bouddhisme introduit le concept de l'au-delà, rendant les deux religions complémentaires. On considère le shintō comme la religion de la vie, et le bouddhisme comme la religion de la mort.

Beaucoup de Japonais pratiquent donc le shintoïsme mais aussi le bouddhisme, on comptabilise ainsi 107 millions de shintoïstes (84 % de la population) et 91 millions de bouddhistes (71 % de la population).

bouddha
Salle de culte du temple Katori-jingū (香取神宮, préfecture de Chiba).

Le tableau suivant présente les principales école bouddhiques japonaises existant encore aujourd'hui, il ne tient donc pas compte de toutes les écoles bouddhiques créées mais qui n'existent plus à l'heure actuelle.

Les différentes écoles du bouddhisme japonais
(classées d'après leur époque d'apparition)
Époque École Date de fondation Fondateur
Époque Nara (710-784) Hossō-shū (法相宗) Milieu 7ème siècle Kuiji (窺基)
Kegon-shū (華厳) 736 Rōben (良辯)
Risshū ou Ritsu (律宗) 754 Ganjin (鑑真)
Époque Heian (784-1192) Tendai 805 Saichō (最澄)
Shingon (眞言 ou 真言) 810 Kūkai (空海)
Époque Kamakura
(1185-1333)
Nichiren 13ème siècle Nichiren
Terre pure Jōdo-shū (浄土宗) 1175 Hōnen (法然)
Jōdo shin (浄土真宗) 13ème siècle Shinran (親鸞)
Yūzū nenbutsu shū
(融通念仏宗)
12ème siècle Ryōnin (良忍)
Ji shū(時宗) 13ème siècle Ippen (一遍)
Zen Rinzai-shū (臨済宗) 12ème siècle Eisai (明菴栄西)
Sōtō ou Caodong
(曹洞宗)
13ème siècle Eihei Dōgen (永平道元)
Ōbaku-shū (黄檗宗) 17ème siècle Ingen Ryūki (隠元隆琦)

Le moine Gyōki (行基, 668-749), au début du 7ème siècle - grâce à ses prêches dans les campagnes, les nombreuses réalisations et les actions envers les nécessiteux -, va grandement contribuer à diffuser le bouddhisme parmi le peuple.

gyoki
Le prêcheur bouddhiste « Gyōki » (行基).

Au 7ème siècle, tout en conservant les anciens cultes des divinités locales, l'Empereur Tenmu joue aussi un rôle important dans l'affirmation du bouddhisme, garant de la légitimation et de la stabilisation de son pouvoir.

Le moine réformateur Hōnen (法然, 1133-1212) est également une figure importante du bouddhisme japonais. L'École de la Terre pure sera fondée par d'anciens de ses adeptes.

honen
Le réformateur bouddhiste « Hōnen » (法然).

3/ le taoïsme

Dans une moindre mesure, le confucianisme et le taoïsme ont eux-aussi influencé la culture politique et religieuse japonaise. Ainsi, les pratiques de purification que l’on retrouve dans le shintō (« misogi harai »), sont à l’origine des pratiques chinoises taoïstes. Les mots qui accompagnent les cérémonies s’inspirent directement des formules magiques de nature taoïste.

misogi harai
Rituel de purification shintō (« misogi harai »)

4/ le confucianisme

Le confucianisme japonais, introduit au Moyen Age par les moines Zen, connait son apogée au 17ème siècle sur l'archipel, dans une société apaisée et pacifiée succédant à une période féodale tumultueuse. Ainsi, l'idéal du gouvernement de Tokugawa Tsunayoshi (1646-1709) est le confucianisme, qui conçoit le pouvoir stabilisé comme le reflet d'un ordre naturel et cosmique.

Zhou Xi (1130 - 1200), un des lettrés à l'origine du néo-confucianisme, insiste sur l'importance des relations morales suivantes : bienveillance, piété filiale, loyauté, fidélité, qui doivent unir les personnes au sein des relations hiérarchiques.

nakae toju
« Nakae Tōju » (中江 藤樹, 1608-1648), philosophe confucéen durant la période Edo.

5/ le christianisme

Introduit au Japon au 16ème siècle avec l'arrivée des premiers Européens, Portugais et Espagnols, le christianisme va rapidement compter de nombreux adeptes. On évoque le nombre de 700 000 en 1605, pour une population japonaise estimée entre 15 et 18 millions d'âmes. Inquiets de cette progression, les dirigeants japonais, désireux de préserver l'unité du pays, vont d'abord jouer sur la rivalité entre puissances catholiques (Espagne et Portugal) et protestantes (Pays-Bas et Angleterre), conscients du nouveau rapport de force entre les deux religions en Europe avec la destruction de l'invincible armada espagnole près des côtes anglaises et la nouvelle indépendance des Provinces-Unies qui se sont débarrassées de la tutelle des Habsbourg.

cloche chretienne
Cloche chrétienne japonaise (avec le symbole « IHS » utilisé par les Franciscains et les Jésuites).

En 1637, suite à une gigantesque révolte, causée notamment par la politique de fermeture du pays affectant des régions dépendant du commerce avec l'étranger et partiellement converties au christianisme, la répression du régime shogunal va s'exercer. Après avoir vaincu les émeutiers, le shōgun Tokugawa Iemitsu proscrit le christianisme, interdit l'arrivée de bateaux étrangers, et limite les voyages des Japonais à l'étranger. C'est le début de l'isolement du Japon, mais aussi le préambule à une période prospère en ce qui concerne la culture et les arts japonais : l'époque Edo.

christ
Statue en ivoire du Christ (17ème siècle).


Sur le shintoïsme :


Sur le bouddhisme :


L'église d'Ōura à Nagasaki :