éternel Japon

embleme famille impériale
-- L'Empire du soleil levant --

icone siteL'empereur du Japon

Sommaire :


L'Empereur du Japon avait un statut divin jusqu'en 1945 et la défaite de l'empire du Grand Japon.

… les différentes ères correspondant aux règnes des empereurs du Japon

1/ le Yamato : berceau du Japon impérial

empereur jinmu
Le premier empereur mythique du Japon : l'Empereur Jinmu (神武天皇, « Jinmu Tennō ») (-711/-585).

A la fin du 5ème siècle apparaît dans l'archipel une administration et un un premier système politique centralisé dans le bassin de Nara et dans la région environnante du Yamato.

province yamato
La province du Yamato

Les souverains japonais portaient le titre d'« okimi », signifiant "grand roi" ou "grand souverain" d'un État vassal de la Chine. La Chine est en effet la civilisation prépondérante en Asie du sud-est et le Japon antique se définit d'abord par rapport à son grand voisin chinois. Cet empereur a été mis en place par un ensemble de familles souhaitant conserver le pouvoir en sous-main. L'empereur n'a pratiquement aucun pouvoir et sert plutôt de médiateur.

C'est la plaine du Kantō qui est choisie comme lieu de résidence de l'empereur - cette plaine étant aussi le lieu de naissance de la lignée impériale et donnant également accès à toutes les routes menant aux principales régions du Japon - l'empereur va désormais aussi régner sur le temps. Une grande réforme calendaire est aussi instaurée en 645, inaugurant ainsi le système des ères. Chaque ère correspond au règne d'un empereur, mais les noms diffèrent entre empereur et ère lui correspondant. Là encore, ce système calendaire est inspiré de la Chine, même si les dirigeants japonais vont se différencier de l'ère chinoise en vigueur à l'époque.

sceau imperial japon
Le sceau impérial du Japon à 16 pétales doubles, ou sceau du chrysanthème (菊の御紋, « kiku no gomon »), utilisé la première fois par l'empereur Go-Toba (1180/1239).

2/ l'Empereur Jenmu et la consolidation du régime

Une refonte complète de l'administration est aussi promulguée en 646 (« aika no kaishin », 大化の改新). Selon ces édits, le souverain n'est pas seulement un chef de clan mais bien l'empereur du japon selon un mandat envoyé par le Ciel. Une fois encore, la sinisation des réformes est de plus en plus accentuée.

Un empereur va jouer un rôle primordial dans l'affirmation du pouvoir impérial, il s'agit de l'Empereur Tenmu. Après avoir vaincu son frère Otomo - choisi par son père pour lui succéder en dépit de la règle qui voulait qu'Oama soit l'héritier - Oama prend le titre d’okimi en 673 sous le nom de Tenmu.

empereur tenmu
L'Empereur Tenmu / 天武天皇 - Tenmu tennō (631/686).
Les Empereurs du Japon seront considérés comme des « akitsumikami » (現御神, divinités sous forme humaine) selon la tradition shintoïste.

L'Empereur Tenmu va pratiquement diviniser le statut du souverain japonais en se désignant lui-même comme « akitsukami » (« manifestation vivante de la divinité »). Il va également renforcer la puissance des institutions bouddhiques afin de conforter le prestige de la monarchie. De plus, l'Empereur Tenmu va promouvoir le sanctuaire d'Ise, où l’on révère « Amaterasu », la grande déesse du soleil. Ce lieu ayant été le refuge de l'empereur lors de son ancienne lutte de pouvoir contre son frère. Enfin, Tenmu va renoncer au titre d'« okimi » pour prendre celui de « tennō » (天皇, « souverain du ciel »). Dans la langue chinoise, le tenno correspond à la plus haute divinité de la constellation et les Chinois n'accepteront d'ailleurs jamais cette dénomination du souverain japonais. C'est également à cette période que le territoire de l'archipel est nommé « Nihon » (日本), c’est à dire Japon, « là où le soleil se lève » en caractères chinois, et que le terme « yamato » est abandonné.

3/ l'origine divine des Empereurs du Japon

Les empereurs japonais vont aussi s'affirmer comme les descendants de la déesse du soleil Amaterasu.

Ulcérée par la conduite de son frère Susanoo, le dieu des tempêtes, la déesse Amaterasu décida de se cacher dans une grotte, plongeant ainsi le monde dans l'obscurité.

grotte amanoyasugawara
Cours d'eau près de la grotte d'Amano Iwato, refuge de la déesse Amaterasu.
entree grotte amanoyasugawara
Entrée de la grotte d'Amano Iwato.

Les huit myriades de divinités finissent par faire sortir la déesse à l'aide d'un subterfuge et en organisant une fête. Attirée par les rires, la déesse reste pétrifiée devant sa propre image reflétée par le miroir installé par les autres dieux devant la grotte. Les autres dieux profitèrent de cet instant pour empêcher Amaterasu de retourner dans la grotte. Les Dieux demandèrent alors à la déesse de venir les rejoindre. La déesse accepta finalement mais obtint en contrepartie le bannissement de son frère, ainsi que la souveraineté du Japon pour elle mais aussi ses descendants.

sortie amaterasu caverne
La déesse Amaterasu sort de la caverne (par l'artiste Shunsai Toshimasa, 19ème siècle).

4/ Le trésor impérial du Japon

Les Trois Trésors Sacrés du Japon (三種の神器, Sanshu no Jingi) - appelés aussi Trésor impérial du Japon ou Insignes impériaux - sont trois objets légendaires :

a/ L'épée, « Kusanagi no tsurugi » (草薙剣), conservée au temple Atsuta (熱田神宮, Atsuta Jingū) à Nagoya, représente la valeur et la faculté de partager.


b/ Le miroir de bronze, « Yata no Kagami » (八咫鏡), conservé au grand sanctuaire d'Ise (伊勢神宮, Ise jingū) dans la préfecture de Mie, il symbolise la sagesse et la faculté de comprendre.


c/ Le magatama (曲玉), « Yasakani no magatama » (八尺瓊曲玉), situé au palais impérial kōkyo (皇居) à Tokyo, ce symbole protohistorique illustre la bienveillance et la faculté d'apprendre.

Ces trois objets sont présents lors du sacre impérial de chaque souverain japonais. Ils ne sont cependant pas accessibles au public, même en dehors de la cérémonie d'intronisation du nouvel empereur du Japon.


tresor imperial
Le trésor impérial
presentation empereur
Cérémonie d'intronisation de l'Empereur Taisho dans le palais impérial de Kyōto en 1915.
presentation empereur
Présentation de deux insignes impériaux - l'épée « Kusanagi no tsurugi » et le « Yasakani no Magatama » - lors de l'intronisation de sa majesté l'empereur Akihito en 1989 (le miroir sacré ne quitte jamais son lieu de résidence dans le sanctuaire d'Ise mais des prêtres sont dépêchés dans le sanctuaire pour informer la passation de pouvoir et l'intronisation du nouvel empereur).
presentation empereur
Sa majesté l'Empereur Akihito portant un « sokutai » (束帯) lors de la cérémonie d'intronisation.
famille empereur
L'Empereur Shōwa et les membres du « Kyū-Miyake » (旧宮家, littéralement « ancien Miyake ») ou branches cadettes de la famille impériale japonaise.

Emplacements du sanctuaire d'Ise (伊勢神宮, Ise-jingū, préfecture de Mie), de la grotte d'Amano Iwato et du sanctuaire à proximité (Amana iwato jinja/天岩戸神社, préfecture de Miyazaki), du temple d'Atsuta (Atsuta-jingū, préfecture d'ichi) - où sont rassemblés les trois symboles impériaux -, et de la ville impériale deKyōto :

Lieux mythiques du Japon (voir en plein écran)

5/ les différentes capitales des Empereurs du Japon

Plusieurs lieux ont servi successivement de capitales impériales :


Emplacements successifs de la capitale impériale :

Asuka-kyō (飛鳥, entre 592 et 640), préfecture de Nara

Kōryō (広陵町, entre 640 et 642), préfecture de Nara

Fujiwara-kyō (entre 694 et 710), préfecture de Nara

Heijō-kyō - actuelle Nara (平城京, entre 710 et 740 puis entre 745 et 784), préfecture de Nara

Kuni-kyō (恭仁京, entre 740 et 744), préfecture de Kyōto

Nagaokakyō (長岡京, entre 784 et 794), préfecture de Kyōto

Heian-kyō - actuel centre ville de Kyōto (平安京, entre 794 et 1868), préfecture de Kyōto

Fukuhara-kyō (福原京, en 1180, pour une durée de six mois), préfecture de Hyōgo

Tōkyō (depuis 1868, anciennement Edo)

carte kyoto
Carte de Kyōto (1696)
miniature palais kyoto
Miniature du papais impérial (京都御所, « Kyōto-gosho ») de Kyōto (le nord est à gauche).
capitales imperiales
Les capitales impériales principales du Japon.

6/ Le Kōkyo, le palais impérial de l'Empereur à Tōkyō

C'est dans le « Kōkyo » (皇居) que se trouve la résidence de l'empereur, le « Kyūden » (宮殿). Le palais impérial se trouve à l'emplacement de l'ancien château d'Edo - résidence des shoguns Tokugawa - détruit lors d'un incendie le 5 mai 1873, dont il garde de son passé de château fort quelques vestiges de fortifications et surtout les douves (堀, Hori) qui isolent le Kōkyo du reste de la ville, limitant l'accès à quelques portes, et organisant également le complexe en quatre ilots reliés entre eux par quelques ponts (dont le célèbre pont Nijubashi) :

_ « Kitanomaru » (Jardin Nord) ;

_ « Higashi Gyoen » (Jardin Est), abritant notamment le musée des collections impériales (Sannomaru-Shōzōkan) ;

_ « Fukiage », le Palais impérial et son parc à l'ouest du complexe ;

_ « Kōkyogaienle » (皇居外苑, « Jardin extérieur du Kokyo »), au sud-est, sert en quelque sorte d'avant-cour au palais.

palais imperial tokyo
Plan du palais impérial à Tōkyō.
palais imperial tokyo
Vue aérienne du palais impérial à Tōkyō.

Après la restauration Meiji et l'éviction des shōguns, la cour impériale a migré de Kyōto vers Tōkyō, faisant de la forteresse d'Edo la nouvelle résidence de l'empereur. Totalement détruit lors de l'incendie de 1873, on fit alors construire le nouveau palais impérial en 1888, année durant laquelle on le nomma kyūjō (« château palais »), ceci jusqu'en 1948.

Quelques photos de l'ancien palais impérial datant de l'ère Meiji et détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale par les bombardements alliés (nuit du 25 mai 1945) :

palais imperial tokyo
« Higashidamari-no-Ma »
palais imperial tokyo
« Chigusa-no-Ma »
palais imperial tokyo
« Hōmei-Den »
palais imperial tokyo
« Kiri-no-Ma »
palais imperial tokyo
« Nishidamari-no-Ma »

L'intérieur du palais est ouvert au public seulement deux jours par an, le jour de l'anniversaire de l'Empereur (le 23 février) et pour le Nouvel An (2 janvier). Durant ces deux jours, les visiteurs peuvent emprunter la porte Nakamon, l'Empereur et sa famille apparaissent ensuite dans le Hall de réception « Chowaden » afin de saluer la foule amassée sur la place. Certains parcs du complexe impérial sont quand à eux ouverts au public.

porte nakamon
La porte « Nakamon »vue depuis l'allée du Tōtei (avec le pont Nijubashi en arrière plan)

L'allée « Inui » (乾通り), une allée de 750 mètres traversant le palais, est ouverte au public deux fois par an : au printemps pour admirer les cerisiers en fleur (« hanami »), et en automne pour la saison des feuilles rouges (« kōyō »).

panorama palais imperial tokyo
Panorama du palais impérial à Tōkyō.
pont nijubashi palais imperial
Le pont « Nijubashi », un des accès menant au complexe impérial.
tour garde
Tour de garde du palais.
jardin palais imperial
Jardin du palais impérial
jardin palais imperial
Jardin du palais impérial
jardin residence imperiale
Jardin de la résidence impériale.
carte environs palais imperial
Carte du palais impérial et de ses environs.
intronisation imperiale
Cérémonie d'intronisation (即位の礼 « Sokui no rei ») de sa majesté l'Empereur « Naruhito » en présence du Premier ministre Abe Shinzo le 22 octobre 2019.
trone imperial
Le trône du chrysanthème « Takamikura » (皇位 kōi, « trône impérial ») dans le palais impérial de Tōkyō.
Le terme est aussi utilisé usuellement pour désigner la monarchie japonaise ou l'autorité impériale.
jardin residence imperiale arbres
Jardin « Ninomaru » (à l'Est du complexe) de la résidence impériale.
Ce jardin a la particularité d'être constitué d'essences d'arbres provenant de tout le Japon. 260 arbres provenant de 30 espèces différentes ont été données par toutes les préfectures japonaises.
maison the residence imperiale
Maison de thé « Suwa no Chaya » (諏訪の茶屋) de la résidence impériale.
kitanomaru parc
Vue sur le parc « Kitanomaru » de la résidence impériale pendant la floraison des cerisiers (ce parc situé au nord de la résidence impériale est ouvert au public).
fujimi yagura
La tour de garde « Fujimi-yagura ».
residence imperiale parc
Un des jardins de l'est de la résidence impériale.

Localisation du palais impérial à Tōkyō (voir en plein écran).

7/ Les Tōkyō-jissha

Les « Tōkyō-jissha » (東京十社), les « dix sanctuaires de Tōkyō », sont dix sanctuaires shintō de Tōkyō, choisis par l'empereur Meiji le 8 novembre 1868 et élevés au rang (社格) de « Shakaku ». Ils se trouvent autour du palais impérial de Tōkyō.

Liste des Tōkyō-jissha
Nom Emplacement, quartier
Nezu-jinja (根津神社) Nezu, Bunkyō
Shiba-daijin-gū (芝大神宮) Shiba, Minato
Kanda-myōjin (神田明神) Sotokanda, Chiyoda
Hie-jinja (日枝神社) Nagata-chō, Chiyoda
Kameido-ten-jinja (亀戸天神社) Kameido, Kōtō
Hakusan-jinja (白山神社) Hakusan, Bunkyō
Shinagawa-jinja (品川神社) Kita-shinagawa, Shinagawa
Tomioka Hachiman-gū (富岡八幡宮) Tomioka, Kōtō
Ōji-jinja (王子神社) Ōji-honchō, Kita
Hikawa-jinja (氷川神社) Akasaka, Minato
nezu jinja
Nezu-jinja (根津神社), Nezu, Bunkyō.
shiba daijin gu
Shiba-daijin-gū (芝大神宮), Shiba, Minato.
kanda myojin
Kanda-myōjin (神田明神), Sotokanda, Chiyoda.
hie jinja
Hie-jinja (日枝神社), Nagata-chō, Chiyoda.
kameido ten jinja
Kameido-ten-jinja (亀戸天神社), Kameido, Kōtō.
hakusan jinja
Hakusan-jinja (白山神社), Hakusan, Bunkyō.
shinagawa jinja
Shinagawa-jinja (品川神社), Kita-shinagawa, Shinagawa.
tomioka hachiman gu
Tomioka Hachiman-gū (富岡八幡宮), Tomioka, Kōtō.
oji jinja
Ōji-jinja (王子神社), Ōji-honchō, Kita.
hikawa jinja
Hikawa-jinja (氷川神社), Akasaka, Minato.

8/ Chokusaisha

Les « Chokusaisha » (勅祭社; titre complet : 勅使参向の神社, « chokushi sankō no jinja ») sont des sanctuaires shintō, qui ont droit à la présence d'un « chokushi » (勅使), un envoyé spécial du Tennō (empereur du Japon), aux festivals les plus importants.

Les Chokusaisha (勅祭社)
Nom Lieu
Kamo-jinja (賀茂神社) Kamowakeikazuchi-jinja (賀茂別雷神社) Kita-ku, Kyōto
Kamomioya-jinja (賀茂御祖神社) Sakyō-ku, Kyōto
Iwashimizu Hachiman-gū (石清水八幡宮) Yawata, préfecture de Kyōto
Kasuga-taisha (春日大社) Nara, préfecture de Nara
Atsuta-jingū (熱田神宮) Atsuta-ku, Nagoya
Izumo-taisha (出雲大社) Izumo, préfecture de Shimane
Hikawa-jinja (氷川神社) Ōmiya-ku, Saitama
Kashima-jingū (鹿島神宮) Kashima, préfecture d'Ibaraki
Katori-jingū (香取神宮) Katori, préfecture de Chiba
Kashihara-jingū (橿原神宮) Kashihara, préfecture de Nara
Ōmi-jingū (近江神宮) Ōtsu, préfecture de Shiga
Heian-jingū (平安神宮) Sakyō-ku, Kyōto
Meiji-jingū (明治神宮) Shibuya-ku, Tōkyō
Yasukuni-jinja (靖国神社) Chiyoda-ku, Tōkyō
Usa Hachiman-gū (宇佐神宮) Usa, préfecture d'Ōita
Kashii-gū (香椎宮) Higashi-ku, Fukuoka


Sur le sanctuaire d'Ise (伊勢神宮, Ise-jingū), préfecture de Mie :

Sur la grotte d'Amano iwato (à ne pas confondre avec la grotte d'Amanoyasugawara qui se trouve à proximité et dans laquelle huit millions de divinités se seraient réunies au moment de la disparition d'Amaterasu), préfecture de Miyasaki (visite interdite au public mais on peut voir l'entrée et visiter le sanctuaire à proximité) :

Sur l'ancienne cité impériale de Heijō-kyō (actuelle Nara) :

Sur l'ancienne cité impériale de Kyōto :

Quelques images du Kōkyo :

L'intronisation de sa majesté l'Empereur du Japon « Naruhito » en 2019 :